le compte de résultat différentiel

Le compte de résultat différentiel : Guide complet

Vous avez entendu parler du compte de résultat différentiel ou tableau d’analyse du compte différentiel (ou encore tableau différentiel) et vous cherchez à mieux le comprendre, voire le maîtriser. Vous avez dans l’idée de mieux cerner le compte de résultat différentiel pour pouvoir le réaliser vous -même. Plus la peine de chercher plus loin, vous êtes à la bonne adresse !

Dans cet article, nous vous donnerons la réelle définition du compte de résultat différentiel. Vous y découvrirez aussi ce à quoi il sert en réalité. Et pour vous aider à mieux le cerner, nous avons détaillé toutes ces différentes composantes avant de vous donner une parfaite méthode pour bien le construire.

Enfin, nous vous avons mis à disposition un exemple type de compte de résultat différentiel qui, nous l’espérons, vous servira. Bonne lecture !

Quelle définition pour un compte de résultat différentiel ?

Lorsque l’on parle du compte de résultat différentiel, on fait généralement allusion à cet état de base du contrôle de gestion qui permet, dans un premier temps, de mettre en évidence la marge dégagée sur les coûts variables puis, dans un second temps, d’identifier le seuil de rentabilité d’une entreprise.
En d’autres termes, le compte de résultat différentiel se charge de faire apparaître la ventilation des différentes charges supportées par une entreprise.

Le compte de résultat différentiel est un état financier généralement conçu dans le domaine du contrôle de gestion. De plus, ce tableau est aussi nécessaire lors de la réalisation du business plan et plus précisément au niveau du prévisionnel financier.

Le tableau différentiel permet de calculer la marge sur coûts variables, en valeur et en pourcentage du chiffre d’affaires, ainsi que le résultat dégagé après déduction des frais fixes.

En effet, il permet de ventiler les diverses charges de l’entreprise en deux catégories distinctes : les charges fixes ou charges de structures et les charges variables ou charges opérationnelles.

C’est donc grâce à cette distinction que l’on est en mesure de déterminer la marge sur coût variable et les deux principaux indicateurs de rentabilité : le seuil de rentabilité et le point mort.

En bref, le compte de résultat différentiel se veut un tableau qui permet de :

  • faire la lumière sur les charges variables qui s’attribuent à toute opération,
  • définir le résultat en mettant en évidence les marges sur coûts variables,
  • démontrer la manière par laquelle la marge sur coût variable couvre l’ensemble des coûts fixes,
  • évaluer la part de richesse qui résulte soit de la fabrication des produits, soit de la vente des marchandises.

Quelles sont les éléments du tableau différentiel ?

Comme notifié plus haut, le compte de résultat scinde le résultat de l’entreprise en plusieurs composantes que sont : 

==> Le chiffre d’affaires : Il est essentiellement composé de services ou productions vendues et des ventes de marchandises. Pour faire simple, on peut dire que le chiffre d’affaires correspond au cumul de l’ensemble des ventes de services et des ventes de biens qu’une entité effectue au cours d’une période douze mois (exercice comptable).

Il s’obtient généralement par l’utilisation de la formule suivante : 

Chiffre d’affaires = prix de vente unitaire hors taxes x quantité vendue

==> Les charges variables ou charges opérationnelles. Ce sont les charges qui sont directement liées au fonctionnement de l’entreprise. Elles varient en fonction du chiffre d’affaires ou de la production que cette dernière réalise.
Alors, plus le volume des activités sera important, plus les charges variables seront importantes.

Nous pouvons citer comme faisant partie des charges variables : le coût des matières premières, les achats de marchandises, les frais de distribution, les charges d’électricité, les frais de transport du personnel, la rémunération des employés, les commissions sur vente, les frais bancaires, les primes CDD, les primes saisonnières ou autres, etc.

==> Les charges fixes ou charges de structure. Ce sont les charges qui restent stables, qui sont indépendantes du niveau de l’activité. En termes plus clairs, les charges fixes sont des charges constantes, c’est-à-dire que leur variation ne dépend pas de l’évolution du chiffre d’affaires réalisé par l’entreprise. Ces charges sont donc totalement indépendantes de l’ensemble des activités économiques de l’entreprise et sont qualifiées d’incompressibles. Par ailleurs elles varient par paliers lors d’un changement de structure.

Nous citerons dans ce cas comme exemple de charges fixes : les impôts, les charges de personnel, les charges sociales, les charges de personnel, les assurances, le loyer de l’entrepôt, l’amortissement du matériel, etc.

Le compte de résultat différentiel : A quoi sert-il ?

A. Les principes du compte de résultat différentiel

Avant toute chose, il convient de garder à l’esprit que le compte de résultat différentiel se veut un élément très important pour toute entreprise. C’est en effet par son utilisation que l’on est en mesure d’identifier clairement la marge qui se dégage des coûts opérationnels de l’entreprise.

En termes plus clairs, le compte de résultat différentiel sert à identifier la marge que produit une entreprise sur les différentes charges variables qu’elle supporte. 

Notons toutefois que ses charges dépendent fortement du niveau d’activité de cette entreprise. Une fois identifiée, cette marge sera utilisée pour financer les charges fixes (charges structurelles) dont le montant ne se calcule pas en fonction du niveau d’activité de l’entreprise. Le solde s’assimilera au bénéfice qu’aura réalisé l’entreprise.

debit-credit.fr : principes du compte de résultat différentiel

Parmi les différents outils de gestion prévisionnels qui existent dans le domaine financier, le compte de résultat différentiel en fait partie, et toute entreprise se doit de le prendre en compte.

Le compte de résultat différentiel apparaît donc comme un fabuleux outil de gestion prévisionnelle. Cela s’explique par le fait qu’il fournit des éléments indispensables qu’une entreprise devra utiliser pour pouvoir déterminer et le seuil de rentabilité et le point mort.

De plus, le compte de résultat différentiel s’identifie à un indicateur de performance qui permet d’avoir une idée fixe de la contribution de chaque produit à la création de la richesse.

À partir de ces différentes données, il est clair que le compte de résultat différentiel sert à : 

  • mettre en exergue certaines responsabilités
  • mesurer la contribution des produits, services, biens au résultat afin de mettre fin aux activités non rentables
  • définir le niveau d’activité minimum qui se doit d’être atteint pour couvrir l’ensemble des charges fixes
  • réaliser des prévisions financières.

B. Les notions du compte de résultat différentiel

a. Le seuil de rentabilité 

Il est encore connu sous le vocable de chiffre d’affaires critique ou point mort. Le seuil de rentabilité désigne le chiffre d’affaires minimum que doit réaliser une entreprise pour couvrir aussi bien ses charges fixes que ses charges variables. Il se veut donc le chiffre d’affaires pour lequel le résultat net est nul et dont la marge sur coût variable est égale aux charges fixes.

De plus, au seuil de rentabilité, le chiffre d’affaires est égal à l’addition des charges variables et des charges fixes. Il peut se calculer de diverses manières. La formule que nous vous proposons est celle d’une situation particulière (par définition) au cours de laquelle la marge sur coûts variables est couverte par les charges fixes de l’entreprise : 

Seuil de rentabilité = charges fixes / taux de marge sur coûts variables (=Marge sur coûts variables / Chiffre d’affaires)

Autre formule possible :

seuil de rentabilité = coûts fixes / (prix de vente unitaire – coût variable unitaire)

seuil de rentabilité = charges fixes x chiffre d’affaires / marge sur coûts variables

Lorsque le seuil de rentabilité se décline en quantité de produits ou services à vendre, il se calcule à l’aide de la formule suivante :

Seuil de rentabilité en volume (ou en quantité) = SR en valeur (résultat de la formule précédente) / prix de vente unitaire hors taxes

On parlera de point mort pour désigner le nombre de jours qui sera nécessaire pour que le seuil de rentabilité soit atteint. Autrement dit, il s’agit de la date précise à laquelle une entreprise commencera à faire des bénéfices. Dans ce cas, la formule se décline comme suit :

point mort = (seuil de rentabilité / chiffre d’affaires) x 360 jours

b. La marge de sécurité

On parle de marge de sécurité pour désigner le montant de chiffre d’affaires dont la suppression n’entraînera aucune perte à l’entreprise. Il s’agit donc du point au-delà duquel le chiffre d’affaires de l’entreprise reste supérieur à la zone critique du seuil de rentabilité. 

Marge de sécurité = CA (chiffre d’affaires) – SR (seuil de rentabilité)

Elle s’exprime également en pourcentage. Pour effectuer son calcul dans ce cas, il vous suffira juste de diviser le montant obtenu par le chiffre d’affaires réalisé.

c. La marge sur coût variable

Il s’agit ici de la résultante de la différence entre le chiffre d’affaires et les charges variables. La marge sur coût variable est en réalité un indicateur de rentabilité dont le rôle est de jauger la capacité du chiffre d’affaires à dégager une marge une fois les charges variables absorber. 

Cependant, le calcul de la marge sur coût variable doit impérativement se faire par produit ou service afin de pouvoir aisément identifier ceux qui seront les plus rentables. L’addition des différentes marges obtenues constitue la marge sur coût variable globale.

Nous vous proposons les formules suivantes pour pouvoir calculer la marge sur coût variable.

MSCV (marge sur coût variable) = chiffre d’affaires – charges variables

d. Le résultat net

En comptabilité, le résultat net d’une entreprise désigne la différence entre le chiffre d’affaires et l’ensemble des charges de l’entreprise. En d’autres termes, il désigne la réelle somme d’argent qu’une entreprise a gagné. Il est généralement composé des 3 résultats suivants : d’exploitation, financier et exceptionnel auxquels on retire les impôts. 

Le résultat net ne sera positif que lorsqu’il s’agira d’un bénéfice, et ne sera négatif que lorsque la marge sur coût variable sera soit nulle, soit inférieure aux charges fixes. D’autre part, effectuer son calcul est relativement simple bien que sa formule soit longue.

résultat net = chiffre d’affaires – charges variables – charges fixes

Méthode de construction d’un compte de résultat différentiel

Il est relativement facile de construire un compte de résultat différentiel. En effet, il vous suffira juste de disposer d’un compte de résultat classique et d’une balance générale comptable. Notons que le résultat présent dans le compte différentiel doit forcément être identique à celui du compte de résultat.

Il convient également de savoir que chacun des postes de charge se doit d’être ventilé entre les charges variables et les charges fixes.

En outre, il est possible d’effectuer cette répartition sur un tableur Excel. Il prendra alors la forme d’un tableau à double entrée comme le modèle qui suit :

debit-credit.fr : compte de résultat différentiel

Il n’est souvent pas aisé de distinguer les charges variables des charges fixes. En effet, on a tendance à croire que seul font partie des charges variables, les achats de matières premières ou de marchandises.

Ce qui se révèle une erreur, car, dans certains cas, d’autres charges peuvent s’assimiler aux charges variables d’une entreprise.

Nous pouvons citer comme exemple : les frais de déplacement du personnel, la consommation d’énergie pour la production des biens et des services, les frais bancaires, etc.

D’autre part, il n’est pas rare de tomber sur des cas de charges mixtes, c’est-à-dire que ces charges sont en partie fixes et en partie variables. Il faudra donc veiller à les éclater en tenant compte de leur nature. Toutefois, faire appel à un professionnel est aussi une bonne solution.

Par ailleurs, il est important pour vous de garder à l’esprit que la marge sur coût variable doit impérativement être déterminée produit par produit. À la fin, on additionnera toutes les marges sur coûts variables.

Exemple d’analyse différentielle :

Afin de mieux cerner la notion du compte de résultat différentiel, prenons le cas de la société Pratique qui est une entreprise industrielle et dont voici son compte de résultat au 31/12/N :

debit-credit : compte de résultat

Il en ressort le tableau d’affectation suivant :

debit-credit : répartition charges variables charges fixes

Le compte de résultat différentiel sera présenté de la manière qui suit :

debit-credit : tableau différentiel

Pour calculer le seuil de rentabilité, on utilisera la formule que suit :

Seuil de rentabilité = totales charges fixes / [taux de marge sur coût variable / chiffre d’affaires]

Dans le cas présent, nous effectuerons le calcul qui suit : 

Seuil de rentabilité = 622 500 / [932 500 / 2 000 000] = 1 335 120 euros

Le chiffre d’affaires minimum que doit générer cette entreprise X de négoce de mono-produit pour avoir un résultat nul est 1 335 120 euros.

Conclusion

Pour conclure, nous pouvons affirmer que le compte de résultat différentiel se veut un outil de gestion de finance exceptionnel. Son importance est tel qu’il est recommandé à toutes les entreprises sans aucune distinction.

Grâce à l’utilisation de ce tableau financier, vous pouvez mettre clairement en évidence la valeur de la marge sur coûts variables et calculer le seuil de rentabilité de votre entreprise.

Le compte de résultat différentiel est un fabuleux outil que toutes les entreprises se doivent obligatoirement d’adopter afin d’assurer d’une part un meilleur contrôle de gestion et, d’une autre, l’élaboration du prévisionnel financier de leur business plan.

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