Comment comptabiliser un site internet ?

Toutes les entreprises qui souhaitent créer ou acheter un site internet se posent la question suivante : comment comptabiliser un site internet ? Eh bien, il y a lieu d’admettre que ce n’est pas du tout facile d’effectuer cette opération.

En fait, le traitement comptable à appliquer peut varier d’un cas à un autre puisqu’une entreprise peut acquérir un site internet de différentes manières et puisqu’il existe aussi différents sites internet. Quoi qu’il en soit, nous allons essayer d’apporter des réponses claires à cette question pour donner un petit coup de main aux entrepreneurs et dirigeants d’entreprise.

Qu’est-ce qu’un site internet ?

Avant toute chose, il est utile de rappeler qu’un site internet est l’ensemble de pages web accessible depuis un navigateur internet. Selon le FISC, il s’agit d’un ouvrage complexe à caractère multimédia associant éléments hétérogènes et logiciels sur un mode interactif.

Les éléments incorporels ne sont autres que les instructions/programmes tels que les images, sons et textes nécessaires au traitement de l’information et les éléments corporels sont les supports matériels utilisés tels que les ordinateurs et les serveurs.

Pourquoi créer un site internet ?

De nombreuses raisons incitent les entreprises et chefs de projet à créer ou à acquérir un site internet. C’est en effet un outil de communication efficace qu’il ne faut surtout pas négliger. Il permet de prospecter un large public à moindre coût et il offre différentes possibilités pour atteindre différents objectifs.

Il permet par exemple de véhiculer une image, d’asseoir une notoriété, de gagner en visibilité et en crédibilité et de se démarquer de la concurrence. Puis, il permet aussi à une entreprise de se présenter, de faire connaître les particularités de ses produits et/ou de ses services, de mettre en avant son savoir-faire et de valoriser ses expériences.

Quels sont les différents types de site internet ?

On distingue plusieurs types de site internet et chacun d’eux répond à des problématiques précises.

Site vitrine

Un site vitrine par exemple est un site informatif mis à la disposition des clients dans le but de les attirer ou d’acquérir du trafic. Il permet à ces derniers d’obtenir tous les renseignements dont ils ont besoin sur l’entreprise, la marque, les produits ou les services.

Ce qui signifie qu’il permet d’obtenir des demandes de devis, de contact, des appels téléphoniques et aussi des téléchargements de documents. Ici, il y a lieu de noter qu’un site vitrine qui ne possède aucun but commercial porte le nom de site institutionnel.

Site e-commerce

Un site e-commerce ou site marchand, en revanche, est une plateforme de vente en ligne. Il permet de vendre sur internet tout un catalogue de produits et il constitue un espace où le commerçant peut exposer ses articles dans le but de toucher un public nettement plus ciblé.

Actuellement, des millions et des millions de boutiques en ligne sont présentes dans les moteurs de recherche, d’où l’intérêt de bien les configurer et de bien les optimiser pour qu’ils soient plus percutants.

Blogs

Mais la liste ne s’arrête pas là, les blogs aussi sont des sites internet. Il s’agit effectivement d’outils communautaires qui permettent de poster des billets et dans lesquels tout le monde peut prendre la parole. C’est dans ce genre de site web que les blogueurs partagent leurs avis, humeurs, points de vue et commentaires et ces derniers sont souvent appuyés par des articles et des photos.

Ce qui est avantageux avec un blog c’est le fait qu’il ne demande aucune compétence technique. Il est à la portée de tous les internautes et il ne fait pas de distinction de profils : particuliers, professionnels, étudiants, seniors, associations, …

Sites intranet et extranet

Enfin, il y a lieu de parler aussi des sites intranet et extranet. Le site intranet est un site privé et internalisé mis à la disposition d’un groupe. Il permet de partager des informations professionnelles entre employés d’une même entreprise ou des informations confidentielles entre des particuliers. Ainsi, il n’est donc pas accessible à tous les internautes.

Le site extranet est, à contrario, externe. Il permet de partager des informations à des prestataires externes et à des clients et il est sans limite tant qu’il y a un réseau internet.

Quelle est la différence entre un site statique et un site dynamique ?

Par ailleurs, il faut également savoir distinguer un site statique et un site dynamique. Un site statique reste tel qu’il est tout au long de sa vie, car il n’a pas vocation à être actualisé régulièrement. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’il n’est pas animé. Il peut bien contenir des effets, des vidéos et des images tout comme les autres sites.

Le site dynamique, quant à lui, interagit avec les visiteurs. Il dispose de pages modifiables et d’une console d’administration qui permet aux administrateurs de gérer facilement son contenu. C’est le cas par exemple des sites e-commerces qui ont tendance à présenter les produits par catégorie ou par thème et aussi des blogs et des forums où les visiteurs peuvent participer à la rédaction et à l’intégration du contenu du site.

Comment acquérir un site internet ?

Il est à savoir qu’une entreprise peut acquérir un site en ligne en l’achetant, c’est-à-dire en demandant à un professionnel de le réaliser ou en s’intéressant directement à un site existant. Ici donc on parle de site acquis. Par ailleurs, il est également possible qu’une entreprise développe un site internet elle-même c’est-à-dire en interne et qu’il le personnalise suivant ses besoins.

Une fois que le site est monté, l’entreprise doit encore décider s’il va s’agir d’un site actif ou d’un site passif. Un site actif, tel qu’un site de vente en ligne ou un site e-commerce, permet d’enregistrer des commandes et constitue un système d’information et un système commercial comme les autres. Un site passif tel qu’un site vitrine, en revanche, ne fait que présenter l’entreprise ou faire connaître ses produits et ses services, sans participer à sa stratégie marketing, commercial et de gestion.

Comment comptabiliser un site internet acquis par une entreprise ?

En prenant tout d’abord le cas d’un site internet acquis, ce dernier doit être immobilisé si l’entreprise souhaite l’utiliser sur le long terme dans le cadre de son activité, si celle-ci dispose des ressources nécessaires pour sa mise en œuvre et si le projet en question a de sérieuses chances de réussite technique et de rentabilité commerciale. A titre d’informations, l’écriture comptable ou la méthode de comptabilisation (création) d’un site internet qui correspond à cette situation est la suivante :

  • on crédite le compte 401 Fournisseurs
  • on débite les comptes :
    • 205 – Concessions et droits similaires, brevets, licences, marques, procédés, logiciels, droits et valeurs similaires
    • 208 – Autres immobilisations incorporelles
    • 44562 – TVA déductible sur immobilisations

Question amortissement, un site internet immobilisé doit être amorti sur la durée d’utilisation prévue, notamment entre 3 et 5 ans. Auparavant, il était possible de réaliser un amortissement site internet exceptionnel sur 12 mois, mais à l’heure où l’on parle, ce n’est plus fiscalement réalisable puisque la loi des finances pour 2017 l’a interdit.

Comment comptabiliser la réalisation d’un site internet en interne ?

Pour ce qu’il en est ensuite de la réalisation d’un site internet en interne, celle-ci est soumise à des règles de comptabilisation un peu plus complexes. Les dépenses engagées par l’entreprise pendant la phase de recherche préalable, par exemple, seront comptabilisées en charges et celles qui ont été effectuées pendant la phase de développement site internet peuvent être comptabilisés soit en charges, soit à l’actif, c’est-à-dire suivant la méthode préférentielle.

Dans ce dernier cas, des conditions doivent encore être respectées. De un, il doit s’agir d’un site internet actif. De deux, l’entreprise doit songer à achever le développement du site et à le vendre par la suite. Et il faut également que le site soit en mesure de générer des avantages économiques futurs et que l’entreprise arrive à évaluer avec fiabilité les dépenses liées à son développement.

Comment comptabiliser les frais de recherche préalables à la réalisation d’un site e-commerce ?

Pour revenir un peu sur les frais engagés considérés comme charges durant la phase de recherche, il y a lieu de préciser qu’ils seront comptabilisés dans le web compta de la manière suivante :

  • Études et recherche en cas de réalisation de projets, d’études de faisabilité, détermination des objectifs et des fonctionnalités du site et mise au point du cahier des charges, recherche des outils et moyens techniques à utiliser
  • Rémunérations d’intermédiaires et honoraires en cas de recours à un avocat, un notaire, un expert-comptable, un conseiller juridique…
  • Documentation technique en cas d’achat par l’entreprise de documentation technique : recherche d’informations juridiques concernant les droits d’auteur, les marques de fabrique, la confidentialité et le respect de la législation.

Comment comptabiliser les dépenses d’exploitation considérées comme charges ?

Pour parler ensuite de la comptabilisation (création) d’un site internet en charges ou plus précisément, pour lister les dépenses d’exploitation considérées comme des charges, il y a entre autres :

  • Le référencement et la maintenance du site présumé par le compte 623 en tant qu’enregistrement auprès des moteurs de recherche, sauvegardes régulières, mis à jour graphique du site, création de nouveaux liens, mis à jour des liens existants et analyses d’utilisation. Toutefois, il convient de noter que le référencement et la maintenance d’un site sont comptabilisés dans le compte 61 en tant que services extérieurs s’ils sont assurés par un prestataire extérieur.
  • La publicité, les publications et les relations publiques définies par le compte 623 comme dépenses de publicité
  • La formation des salariés en charge de l’entretien d’un site web. Celle-ci est inscrite au compte 648000 en tant qu’autres charges de personnel si elle est assurée par l’employeur. Elle sera, par contre, comptabilisée dans le compte 61 entant que services extérieurs si elle est assurée par un organisme extérieur.

L’hébergement externe du site et le renouvellement des noms de domaine sont attachés au compte 651 et figurent parmi les redevances pour concessions, brevets, licences, marques, procédés, logiciels, droits et valeurs similaires.

Comment comptabiliser les sites réalisés par un prestataire externe ?

Compte tenu de tout cela, la plupart des démarches de création et de développement des sites web sont donc assurées par des prestataires externes et celles-ci font appel à 3 modes de règlements et donc à 3 types de comptabilisation site internet, dont : l’achat de site internet, la location d’un site internet et la location d’un site internet avec option d’achat.

L’achat d’un site internet

L’achat site internet permet à l’entreprise de devenir propriétaire du site. S’il s’agit d’un site actif, l’action serait considérée comme une immobilisation site internet et l’enregistrement comptable ecommerce se fait dans le compte 205 regroupant : « Concessions et droits similaires, brevets, licences, marques, procédés, logiciels, droits et valeurs similaires ».

S’il s’agit par contre d’un site passif, l’action serait considérée comme charges et sera comptabilisée dans le compte 604 rassemblant : « Achats d’études et prestations de services ».

La location d’un site internet

La location d’un site internet a comme avantage de permettre la préservation de la trésorerie ainsi que la continuité du service. Du coup, l’éditeur reste donc propriétaire du site et assume tous les risques et le maintien du service.

L’entrepreneur, de son côté, ne va plus avoir de site internet s’il arrête de payer. Il y a lieu de souligner que l’enregistrement comptable prévu pour ce genre de situation est le compte 613 qui concerne la location.

La location d’un site internet avec option d’achat

La location avec option d’achat site web est ce qu’on appelle acquisition d’un site internet en leasing. Cette opération permet de cumuler les avantages d’acheter un site internet et de le louer, puisqu’en plus de la préservation de la trésorerie et de la continuité du service, l’entrepreneur peut devenir propriétaire du site au bout d’un certain temps, selon les termes du contrat.

Pour un site actif, les loyers mensuels sont comptabilisés dans le compte 612 « crédit-bail » et l’option d’achat est comptabilisée dans la ligne 205 « Concessions et droits similaires, brevets, licences, marques, procédés, logiciels, droits et valeurs similaires ».

Pour un site passif, en revanche, les loyers mensuels sont comptabilisés dans le compte 612 « Crédit-bail » et l’option d’achat est comptabilisée dans le compte 604 « Achats d’études et prestations de services ».

Conclusion

En outre, la création ou l’acquisition d’un site internet est donc source de dépenses. Tout d’abord, il y a les dépenses liées à l’achat du nom de domaine qui sont comptabilisées dans le compte 651. Ensuite, il y a les dépenses liées à l’hébergement du site qui sont comptabilisées dans le compte 613 en tant que locations.

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