Amortissement : Le Guide Complet

En comptabilité pendant les travaux d’inventaire que l’entreprise doit réaliser en fin d’exercice il y a ce qu’on appelle l’amortissement.

Dans cet article il est question de l’amortissement d’un bien immobilisé et non pas de l’amortissement d’un emprunt.

Si vous souhaitez découvrir ou approfondir vos connaissances sur l’amortissement alors vous êtes au bon endroit.  Quelle est la définition d’un amortissement ? Quelles sont les immobilisations qui sont amortissables ? Faut-il utiliser la durée d’utilisation ou la durée de vie d’une immobilisation ?

Si vous souhaitez avoir un début de réponse à toutes ces questions, et bien d’autres encore, alors vous êtes au bon endroit : Suivez le guide ! 

C’est quoi l’amortissement en comptabilité ?

debit-credit.fr : c'est quoi l'amortissement en comptabilité ?

L’amortissement d’un actif immobilisé est la constatation de la consommation d’avantages économiques futurs attendus de celui-ci.  Cette consommation correspond à l’utilisation de cet actif au cours de sa durée de vie, et plus précisément pendant une durée d’utilisation limitée.

Il permet de comptabiliser dans les comptes comptables de l’entreprise la valeur nette des actifs, c’est-à-dire en tenant compte des pertes de valeur au cours du temps, dues à l’usure ou à l’obsolescence des actifs.

Si je prends l’exemple de l’achat d’un véhicule pour un commercial, le montant du véhicule ne peut pas être inscrit dans le bilan comptable pour sa valeur d’origine.

En effet au cours du temps, le véhicule est utilisé et par conséquent perd de sa valeur.  L’amortissement permet de constater cette perte de valeur due à une utilisation d’une durée limitée dans le temps.

Immobilisations amortissables et durée d’utilisation

Immobilisations amortissables et durée d'utilisation

Il existe deux cas de figure :

  • Une immobilisation de l’actif immobilisé dont la durée d’utilisation est limitée est amorti sur cette même durée selon un plan d’amortissement appelé également tableau d’amortissement.
  • Une immobilisation de l’actif immobilisé dont la durée d’utilisation n’est pas limitée n’est pas amortie. 

Je prends par exemple le cas d’un terrain :  par nature il n’a pas de durée d’utilisation limitée.  Le terrain n’est donc pas un bien amortissable.

Par contre s’il s’agit d’un terrain d’exploitation de gisement de pétrole c’est différent.  En effet l’extraction de la matière première du terrain ne se fera pas de façon illimitée.

Il s’agit donc d’une immobilisation amortissable puisque ce terrain d’exploitation de gisement a durée d’utilisation limitée dans le temps.

Comment mesurer l’utilisation d’une immobilisation ?

debit-credit.fr : Comment mesurer l'utilisation d'une immobilisation ?

L’entreprise, pour mesurer l’utilisation d’une immobilisation, utilise généralement des unités de temps (un nombre d’années).

Il existe d’autres unités de mesure que l’entreprise peut utiliser pour évaluer l’amortissement d’une immobilisation :

  • Le nombre de produits réalisés ;
  • Un nombre de kilomètres ;
  • Le nombre d’heures de fonctionnement.

Quelles sont les Immobilisations amortissables ?

debit-credit.fr : quelles sont les immobilisations amortissables ?

Voici quelques exemples d’immobilisations corporelles amortissables :

  • Le matériel de transport ;
  • Le mobilier ;
  • Les matériels de bureau et informatique ;
  • Les constructions et les installations générales ;
  • Les agencements ;
  • Le matériel et outillage industriel.

Voici quelques exemples  d’immobilisations incorporelles amortissables :

  • Les licences et les brevets d’invention ; 
  • Le fonds de commerce dans certains cas ;
  • Les logiciels et les coûts de développement.

La troisième catégorie d’immobilisations au sein de l’actif immobilisé du bilan comptable n’est pas amortissable : il s’agit des immobilisations financières.

Dans certains cas les immobilisations incorporelles peuvent également inclure les sites internet.

Comment définir la durée d’amortissement ?

La durée d’amortissement d’un actif, et donc sa durée d’utilisation, est fixée soit en cours d’utilisation, soit à l’origine selon différents critères qui peuvent être :

  • Technique :  il s’agit de l’obsolescence du fait d’une évolution technologique ou technique.
  • Physique : Il s’agit ici de l’usure naturelle de l’immobilisation par l’utilisation que l’entreprise en fait.
  • Juridique :  il peut s’agir d’une règle juridique qui réglemente la durée d’exploitation de l’immobilisation.

Si plusieurs critères peuvent s’appliquer à une même immobilisation, le plan comptable général (PCG art. 214-1) préconise de retenir celui qui donne la durée d’utilisation la plus courte.

Durée d’utilisation inférieure à la durée de vie de l’immobilisation

Pour des raisons économiques ou technologiques, l’entreprise  peut décider qu’une immobilisation a une durée d’utilisation inférieure à sa durée de vie.

Une entreprise peut par exemple acquérir du matériel neuf et décider de le changer tous les deux ans. Dans ce cas la durée d’utilisation est de deux ans, cependant la durée de vie du matériel est supérieure.

Dans cet exemple, la durée d’amortissement correspond à la durée d’utilisation décidée par l’entreprise, c’est-à-dire deux ans.

Quelle durée d’amortissement faut-il choisir ? 

debit-credit.fr : Quelle durée d'amortissement faut-il choisir ?

La règle de l’approche comptable est la durée réelle d’utilisation de l’immobilisation par l’entreprise.

La règle de l’approche fiscale est la durée d’usage dans la profession. Voici une liste (non exhaustive) des durées d’usage admises par l’administration fiscale :

  • Brevets : 5 ans
  • Véhicules utilitaires : 4 ans
  • Matériels industriels :  5 à 10 ans
  • Photocopieur : 5 ans
  • Matériels de bureau :  10 ans
  • Micro-ordinateurs :  3 ans
  • Bâtiments commerciaux 20 à 25 ans
  • Bâtiments industriels : 15 à 20 ans
  • Matériel de transport automobile :  4 à 5 ans
  • Immeuble à usage de bureaux :  25 ans
  • Mobiliers :  10 ans
  • Outillage : 5 à 10 ans
  • Fonds commercial : 10 ans
  • Immeuble d’habitation : 40 à 100 ans
  • Revêtements de sols : 5 ans
  • Entrepôts : 20 ans

En cas de circonstances exceptionnelles, l’administration fiscale permet à l’entreprise d’évaluer des durées légèrement différentes avec un écart de plus ou moins 20 % de la durée d’usage dans la profession.

Pour les petites et moyennes entreprises (PME), la durée d’utilisation réelle n’est pas obligatoire.  Les PME doivent néanmoins respecter deux des trois critères suivants :

  • Total du bilan inférieur ou égal à 4 000 000 d’euros ;
  • Chiffre d’affaires inférieur ou égal à 8 000 000 d’euros ;
  • Nombre de salariés inférieur ou égal à 50.

Comment définir la base amortissable ?

La base amortissable correspond à la valeur brute de l’immobilisation déduction faite de sa valeur résiduelle.

Pour pouvoir déduire la valeur résiduelle, celle-ci doit être significative et mesurable.

Mais que signifie “mesurable” ? En fait, l’entreprise doit être en mesure de  déterminer la valeur de marché à la revente en fin de période utilisation. De plus les coûts de sortie doivent être mesurables dès l’entrée de l’immobilisation dans le bilan comptable (=dans le patrimoine de l’entreprise).

Comment calculer une base amortissable ?

Comment calculer une base amortissable ?

Ma société préférée (MSP) acquiert du matériel pour une valeur de 45 000 € hors-taxe.  Dans 3 ans la valeur de ce même matériel aura perdu 75 % de sa valeur d’origine.

De plus MSP devra débourser également la somme de 3 500 € pour de la maintenance du matériel si elle souhaite revendre ce matériel dans 3 ans.

Base amortissable comptable = valeur brute de l’immobilisation – valeur résiduelle de l’immobilisation

La base amortissable pour MSP sera la suivante : 45 000 €  – (45 000 € x  25 %) – 3 500 € = 30 500 €

Il est important de préciser qu’en fonction du mode d’amortissement choisi par l’entreprise la base amortissable est différente.

Quels sont les types d’amortissement ?

En effet, il existe plusieurs modes d’amortissement en comptabilité.

Je rappelle que l’amortissement est la répartition du coût d’une immobilisation sur sa durée de vie.  Cette répartition peut être variable ou bien régulière.

La répartition variable est fonction de la variation des performances économiques de l’immobilisation amortie. C’est ce qu’on appelle l’amortissement variable.

La répartition est dite régulière si l’immobilisation est utilisée de façon constante sur la durée d’utilisation. Nous sommes donc dans le cadre d’un amortissement linéaire.

Dans certains cas, l’administration fiscale autorise un amortissement plus important au cours des premières années d’utilisation. Dans ce dernier cas de figure il s’agit de  l’amortissement dégressif.

Ainsi, en comptabilité, on distingue l’amortissement linéaire,  l’amortissement variable et l’amortissement dégressif.

L’amortissement linéaire

debit-credit.fr : L’amortissement linéaire

C’est l’amortissement minimum obligatoire qui est appliqué à défaut d’un autre mode d’amortissement fiable au sein de l’entreprise.

L’amortissement linéaire correspond à la répartition régulière de la valeur de l’immobilisation au cours de sa période d’utilisation.

Je posterai un article complet sur l’amortissement linéaire incluant le calcul du taux d’amortissement, l’annuité, la base amortissable, le début de l’amortissement, les modalités de calcul de la première annuité et de la dernière annuité. 

L’amortissement variable

L’amortissement variable

L’amortissement variable n’est pas un amortissement linéaire.  L’amortissement variable dépend directement des avantages économiques de l’immobilisation,  et plus précisément de leur consommation effective.

Les unités d’oeuvre sont variables en fonction de l’immobilisation considérée.  Ainsi il peut s’agir d’un nombre de kilomètres réalisés par un véhicule ou bien d’un nombre de produits fabriqués par une machine. 

L’amortissement dégressif

debit-credit.fr : L’amortissement dégressif

L’amortissement dégressif est un amortissement facultatif. il est généralement réservé à certaines immobilisations neuves de moins de 3 ans. Ces immobilisations sont énumérées par le code général des impôts (CGI).

L’une des caractéristiques de l’amortissement dégressif est son taux d’amortissement dans lequel interviennent un taux linéaire et un coefficient. 

Après la théorie, je vous propose de passer à la pratique avec des exemples de calculs.

3 exemples de calculs d’amortissement

Première exemple : Amortissement linéaire

La société MSP a acheté le 1er août un véhicule d’un montant de 55 000 €.  Le véhicule sera utilisé pendant une durée de 5 ans. l’entreprise considère une valeur résiduelle nulle.

Dans mon exemple, en l’absence de valeur résiduelle, la base amortissable correspond au montant du véhicule soit  55 000 €.

L’entreprise va donc étaler cette somme sur 5 ans sachant que la première année il y aura un prorata temporis de 5 mois (du mois d’août au mois de décembre).

Pour l’exercice N, la dotation aux amortissements sera égale à 55 000 x 1 / 5 x (150 / 360) soit 4 583,33 €.

Pour les exercices N+1 à N+4, le véhicule sera amorti sur toute l’année on aura donc le calcul suivant 55 000 x (1 / 5) soit 11 000 €.

L’exercice N+5 viens à compléter l’exercice N afin d’avoir un amortissement total de 11 000 € soit donc  11 000 € – 4 583,33 = 6 146,67 €. 

Second exemple : Amortissement variable

Nous allons reprendre l’exemple précédent mais cette fois-ci nous allons prendre en considération les kilomètres parcourus.

L’entreprise MSP pense parcourir en N 15 000 km et 20 000 km en N+1. De plus elle prévoit de parcourir un total 100 000 km sur la période de 5 ans.

Ainsi pour l’exercice N, la dotation aux amortissements sera de 55 000 x (15 000 / 100 000) soit 8 250 €.

Pour l’exercice suivant la dotation aux amortissements sera de 55 000 x (20 000 / 100 000) soit 11 000 €.

Troisième exemple : Amortissement dégressif

Début N, la société MSP à acquis un outillage industriel d’une valeur de 160 000 €.  cette immobilisation a été mise en service le 1er mars. Le taux d’amortissement linéaire est de 20 % et la durée de vie est de 5 ans.

Pour une durée d’utilisation de 5 à 6 ans le coefficient d’amortissement dégressif est de 1,75. Le taux dégressif est donc de 20 % x 1,75 soit 35 %. L’exercice comptable clôture le 31 décembre.

La société MSP prendra donc en compte 10 mois (Mars à Décembre) dans le calcul de la dotation aux amortissements.

La première annuité se calcule donc de la manière suivante : 160 000 € x 35 % x 10 / 12 soit 46 667 €.

Pour la seconde annuité, la base de calcul est la valeur nette comptable (VNC). Elle correspond donc au calcul suivant : 160 000 € – 46 667 € soit 113 333 €.

La dotation aux amortissements pour l’exercice N+1 sera donc  113 333 x 35 % soit 39 667 €.

Dans la partie suivante je vous montre le plan d’amortissement correspondant à ce troisième exemple.

Qu’est-ce qu’un plan d’amortissement ?

Un plan d’amortissement est obligatoire pour chaque immobilisation amortissable. il s’agit d’un tableau prévisionnel qui met en évidence pour chaque année pendant la période d’utilisation les éléments suivants :

  • La base amortissable
  • Les amortissements cumulés
  • La valeur nette comptable (VNC)
  • L’annuité d’amortissement (qui correspondent au poste “Dotation aux amortissements”)

Voici un exemple de plan d’amortissement dégressif :

debit-credit.fr - plan d'amortissement dégressif

Je suis en train de préparer une vidéo qui montrera le détails des calculs du plan d’amortissement.

Comment comptabiliser l’amortissement ?

En fin d’exercice comptable, pour comptabiliser l’amortissement il faut utiliser les comptes comptables suivants :

Pour les immobilisations incorporelles :

68111 – Dotations aux amortissements et provisions – Immobilisations incorporelles est débité.
280 – Amortissements des immobilisations incorporelles est crédité

Pour les immobilisations corporelles :

68112 – Dotations aux amortissements et provisions – Immobilisations corporelles est débité.
281 – Amortissements des immobilisations corporelles est crédité

Le compte de dotation 68. constate l’utilisation de l’immobilisation. Le compte d’amortissement 28. représente la perte de valeur de l’immobilisation de l’exercice en cours.

L’amortissement dans les documents de synthèse

Dans le compte de résultat

Dans le compte de résultat on retrouve le montant de l’annuité de l’exercice dans les charges d’exploitation, les charges financières et dans les charges exceptionnelles.

Voici un extrait du compte de résultat de la société MSP au 31/12/N+1 :

debit-credit : lamortissement dans le compte de résultat

Dans le bilan comptable

Dans le bilan comptable, on retrouve la somme des amortissements à l’actif du bilan dans la colonne “Amortissements et dépréciations”. Il s’agit de la somme des amortissements depuis l’entrée des immobilisations au sein du patrimoine de l’entreprise jusqu’à la clôture de l’exercice.

Voici un extrait du bilan comptable de l’entreprise MSP au 31/12/N+1 :

debit-credit.fr - amortissement le bilan comptable

Dans l’annexe

Voici un extrait de l’annexe – Tableau des amortissements de la société MSP au 31/12/N+1 :

debit-credit.fr -  l'annexe : Tableau des amortissements

Pour conclure

Tout d’abord, l’enregistrement comptable des amortissements se fait pendant les travaux d’inventaire. L’amortissement est une charge qui vient diminuer le résultat de l’entreprise.

Ensuite ,l’entreprise en comptabilisant l’amortissement constate la perte de valeur d’une immobilisation et une charge. Celle-ci n’a pas d’impact sur le compte bancaire de l’entreprise. Il n’y a pas de facture d’amortissement : c’est une charge non décaissée.

Finalement, l’amortissement est une charge calculée car c’est l’entreprise qui apprécie le montant de l’amortissement à l’aide de plusieurs variables : le taux d’amortissement, la base amortissable, la durée de vie, le mode d’amortissement…

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